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Mort de la comédienne Jennifer Jones à 90 ans

Dossiers/Hommages
Posté par Cyril Cossardeaux le 2009-12-17



 
Il est assez rare qu’une star aussi fameuse et glamour à ses années de gloire ait finalement aussi peu de films à son actif : moins d’une trentaine en tout et pour tout. C’est peut-être d’ailleurs l’une des raisons qui expliquent que, aujourd’hui, Jennifer Jones soit bien moins connue que ses grandes concurrentes de l’époque, Ingrid Bergman, Bette Davis, Gene Tierney, Katharine Hepburn ou Olivia de Havilland.

Et pourtant, peu d’actrices auront su électriser l’écran et ses spectateurs (surtout masculins) comme Jennifer Jones le fit dans Duel au Soleil (1946), taillé sur mesure pour elle par David O. Selznick, le producteur démiurge pour qui elle avait quitté son premier mari, le comédien Robert Walker. Dans ce western, pour lequel le terme flamboyant semble avoir été inventé, elle pousse deux frères (le bon Joseph Cotten et le mauvais Gregory Peck) à s’entretuer, sous la caméra baroque de King Vidor.
Ce rôle extrêmement érotisé (ce qui vaudra au film quelques problèmes de censure) ne sera pas le seul de la carrière de cette belle brune, au physique la prédisposant souvent aux rôles de métis ou de latinos (ce qu’elle n’était pas). Elle retrouvera des rôles de "sauvageonne" dans La Renarde (1950), de Michael Powell et Emeric Pressburger, ou La Furie du désir (1952), encore avec Vidor. Mais aussi de femme chimérique dans Le Portrait de Jennie (1948), de William Dieterle, l’un de ses plus grands succès, à mi-chemin entre La Femme au portrait, de Lang, et Laura, de Preminger. Et surtout de femmes adultères, aux passions souvent aussi brèves que dévorantes, comme dans Station Terminus (1953), de Vittorio de Sica, ou Plus fort que le Diable (1953), de John Huston. Il est donc assez logique qu’elle fut la plus convaincante Emma Bovary à l’écran, dans l’excellente adaptation du roman de Flaubert signée par Vincente Minnelli en 1949.

Dans "Duel au Soleil"
Dans "Duel au Soleil"

Le drame, et même le mélodrame, était son royaume de prédilection, même si sa seule incursion notable dans la comédie fut une très jolie réussite : La Folle ingénue, d’Ernst Lubitsch, en 1946.
En tout cas, tous ces rôles d’amoureuses passionnées n’étaient guère annoncés par le film qui en fit une star et lui valut son seul Oscar (malgré quatre autres nominations infructueuses), Le Chant de Bernadette (1943), d’Henry King, dans lequel elle interprétait notre… Bernadette Soubirous nationale !

Après un remake peu notable de L’Adieu aux armes (1957) de Borzage signé Vidor, mais Charles, malheureusement (et pas King), elle se retira une première fois des plateaux pendant cinq ans, avant un retour de courte durée dans les années 60, notamment pour une adaptation, signée Henry King, le réalisateur qui l’avait donc révélée, du Tendre est la nuit de Scott Fitzgerald.
Sa dernière véritable apparition à l’écran, à 55 ans, fut pour le "all star movie" La Tour infernale, de John Guillermin.
Elle s’est éteinte à 90 ans, le 15 décembre, dans sa maison de Malibu.






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Commentaires
De : Entre ici Jean Bornu

C'est une bien triste nouvelle

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