En entrant « dans la peau d’Ulla Von Brandenburg », on découvrira un polichinelle perché sur sa tête, et des idées symétriques plein ses manches. Cette jeune artiste allemande a déjà fait beaucoup parler d’elle lors de ses précédentes expositions à l’étranger, et l’engouement se vérifie pour cette première carte blanche qui lui est consacrée en France, au FRAC-îles de France (Le plateau pour les intimes).
En soulevant le rideau, serez vous spectateur ou acteur?
Travaillant depuis plusieurs années sur les questions de dualité : extérieur/intérieur, visible/invisible et sur le lien tenu entre spectateur/acteur, illusion et réalité, elle s’empare de la Commédia del Arte et du mythe de polichinelle afin de créer des installations scéniques où le visiteur est mis à contribution. Ici les rideaux s’ouvrent vers une scène ou des coulisses, les tableaux vous regardent ou s’intègrent à votre observation, les objets s’amusent à vous singer en rondes kaléidoscopiques.
Des corps vides forment une ronde statique mais frénétique
Des espaces noirs, éclairés par halo, comme pour représenter une nébuleuse de pensées, proche parfois d’un certain esprit lynchéen. Une certaine idée de la mort, plutôt métaphorique. Et la reprise de quelques idées de psychanalyse. On découvrira pour soi la signification des couleurs, des tâches, ou des matières utilisées. On s’inspirera en communauté du chant d’Ulla Von Brandenburg lors de sa promenade dans la Villa Savoie, où l’ombre de Lecorbusier n’est pas loin.
Anonymes, les acteurs se tournent pour adopter votre point de vue
Ces ombres qui se font fantômes ou allégories, ces objets-indices glissés dans les images super 16, au sol, ou sur les murs, un puzzle géant à reconstruire, géométrique, spatial, et le bruit de la visionneuse qui vous accompagne sur votre parcours, comme un doux rêve-éveillé.
Une très belle découverte à faire jusqu’au 17 mai prochain Le Plateau Place Hannah Arendt 75019 Paris