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Mort du comédien Pierre Vaneck à 79 ans

Théâtre
Posté par Cyril Cossardeaux le 2010-01-31



 
Comme son nom l’indique (surtout dans son orthographe d’origine : Van Hecke), Pierre Vaneck, bien que né dans ce qu’on appelait en 1931 l’Indochine (en l'occurrence au Vietnam), était d’origine belge, plus précisément anversoise. Mais c’est à Paris qu’il s’initia à l’art théâtral, au célèbre cours Simon, avant de débuter sur les planches au début des années 50. C’est d’ailleurs au théâtre qu’il obtint ses plus grandes satisfactions et récompenses (un Molière du meilleur comédien dans un second rôle en 1988 pour Le Secret, de Bernstein… somme toute un peu court pour une carrière brillante), dirigé par de prestigieux metteurs en scène comme Jean Mercure, Jean-Louis Barrault, Jean Vilar ou Raymond Rouleau, au service d’auteurs ne l’étant pas moins : Julien Green, Oscar Wilde, Eugene O’Neill, Shakespeare, Musset, George Bernard Shaw, Tchekov (mais aussi BHL, c’est vrai…).

Il aurait d’ailleurs pu connaître une trajectoire tout aussi prestigieuse au cinéma, après un beau rôle de jeune premier dans Marianne de ma jeunesse, de Julien Duvivier (1955), où sa blondeur n’avait d’égal que celle de Marianne Hold. Même si, dans Si Paris nous était conté, de Sacha Guitry, il interpréta l’année suivante le poète François Villon qu’il avait justement l’habitude de déclamer dans les cabarets parisiens durant ses années de cours d’art dramatique, Pierre Vaneck dut essentiellement se contenter de seconds rôles et de personnages généralement assez distingués, parfois autoritaires (quelques militaires à son actif), auxquels il prêtait sa prestance naturelle et une diction impeccable (qui lui valut, notamment au début de sa carrière, de doubler de nombreux films).
Les deux seuls cinéastes qui lui offrirent des rôles plus conséquents étaient étonnamment à l’opposé l’un de l’autre : le trop confidentiel Pierre Kast, compagnon de route de la Nouvelle Vague qui poussa le souci de la discrétion jusqu'à mourir la veille de François Truffaut, qui employa Vaneck dans La Morte saison des amours (1961), Les Vacances portugaises (1963), La Brûlure de mille soleils (1965) et Le Soleil en face (1980) ; et le beaucoup plus commercial et viril Sergio Gobbi, pour deux films en 1968, Maldonne et L’Etrangère.

Marianne Hold et Pierre Vaneck dans "Marianne de ma jeunesse"
Marianne Hold et Pierre Vaneck dans "Marianne de ma jeunesse"

Davantage que le grand, c’est le petit écran, en dehors du théâtre, qui sut aussi faire de Pierre Vaneck une figure si familière au fil des décennies, notamment avec ses participations à quelques feuilletons très populaires comme Les Cœurs brûlés, Les Grandes marées ou Garonne.

Pierre Vaneck, qui était par ailleurs le gendre du grand cinéaste Jacques Becker (et donc aussi le beau-frère de Jean Becker, qui lui offrit son dernier rôle au cinéma dans Deux jours à tuer, qui lui valut sa seule nomination aux Césars, comme meilleur second rôle en 2009), est décédé le 31 janvier, des suites d’une opération cardiaque.


En 1994, aux côtés de Pierre Arditi et Fabrice Luchini, Pierre Vaneck connut un très grand succès avec la pièce de Yasmina Reza, Art (et une nomination au Molière du meilleur comédien à la clé). La pièce est disponible en intégralité sur Dailymotion :





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