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Laurent Van der Stockt, "Our fellow man" – MEP
Expos
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Le photojournaliste Laurent Van der Stockt est connu pour ses photos de guerre publiées dans la presse internationale. Dans cette exposition ce membre de l’agence Gamma change de support, passant de la presse d’actualité aux cimaises de musée. La MEP (Maison européenne de la photographie) présente trois séries de photographies. Dans un ordre qui remonte le temps, le visiteur plonge dans les grands conflits de ces vingt dernières années. D’abord la guerre en Irak de 2003, puis la Tchétchénie où le photographe a séjourné plusieurs fois entre 1995 et 1999, et enfin la Bosnie à partir de 1993. ![]() Irak, 2003-2005 Comme l’évoque le titre de l’exposition, « our fellow man » (notre semblable), ces images ne prennent aucun parti, ne suivent pas un seul camp ou un seul point de vue. Laurent Van der Stockt montre aussi bien les combattants que les civils de ces conflits. En tant que photographe de guerre il privilégie le regard des hommes et des femmes en tant qu’acteurs et témoins d’une humanité en péril. Il donne un approche sensible de conflits avant tout vécus par des humains. Il n’y a pas de guerre sans impact sur les populations et il dément toute idée de « frappes chirurgicales » ou de « guerre propre », concepts véhiculés par la guerre moderne. On rentre par exemple dans l’intimité d’un GI qui, bloqué en Irak, regarde une photo de sa famille sur son ordinateur. Cette exposition montre implicitement l’évolution et la richesse du travail de ce photographe à travers des variations sur les formats des tirages, sur leur tonalité ou leur cadrage. On voit notamment une série de photographies prises sur le vif depuis une voiture de soldats, vue comme une fenêtre sur des paysages de désolation. ![]() Tchéchénie, 1995-1999 Ces travaux sélectionnés parmi des milliers de clichés ne traduisent pas la quête du spectaculaire et de la facilité, du « choc des photos ». Laurent Van der Stockt essaie de faire des « photos justes ». Il est vrai que ces photos ont une valeur humaine et neutre, en plus de leur valeur informative et historique. Ces travaux évitent l’écueil du contresens, de la manipulation et du misérabilisme, pourtant récurrents dans le journalisme de guerre. Une très belle exposition présentée par la MEP, et c’est aussi l’occasion d’aller jeter un œil à la grande rétrospective consacrée à Henri Cartier-Bresson. Jusqu’au 14 juin 2009 Maison européenne de la photographie 5/7 rue de Fourcy, 4e - Paris
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