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Keren Cytter - Le Plateau

Expos
Posté par Elysia le 2009-12-19



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Keren Cytter, vivant et travaillant à Berlin, est une jeune artiste israélienne prometteuse. Enfant des arts pluridisciplinaires, c'est tout naturellement qu'elle s'empare avec avidité de terres d'exploration diverses pour satisfaire sa curiosité insatiable de l'image dans laquelle vient logiquement s'inscrire le cinéma, lieu d'expression privilégié des personnalités, où se révèlent les tempéraments et s'affirment les regards. Dans la valse des affinités électives, Keren a bien sûr des préférences dans les références - elle en mettra d'ailleurs deux au centre de ses romans, édités en 2007 et en 2008 - Jeff Steinberg dans 'The Man Who Climbed Up the Stairs of Life and Found Out They Were Cinema Seats' et Lars Von Trier dans un roman d'aventure savoureux au titre accrocheur et explicite - ‘The seven most exciting hours of Mr. Trier’s life in twenty-four chapters’ - Récompensée par le Baloise Art Prize version 2006, elle fut récemment remarquée lors de l'édition 2007 de la biennale de Lyon, ainsi qu'à la dernière de l'incontournable rendez-vous européen des designers et artistes d'art contemporain - j'ai cité Venise. C'est donc forte de ses deux expériences que la voilà propulsée dans la capitale, à la Frac d'Ile-de-France, pour une première exposition.
 
Personnelle, assurément. Son terrain d'opération principal est la vidéo qu'elle décline selon des formats différents - du court-métrage au documentaire - en passant par le sitcom voire le cinéma d'auteur.
 
Son propos est simple - l'étude et les représentations de la réalité sociale - zoomant sur un sujet particulier. En l'occurrence, pour cette exposition, la violence des relations intimes, nous livrant, au travers de courtes scènes, des destins tragiques scellés par des rapports paroxystiques entre les personnages. Point de lecture prosélyte en filigrane mais une condamnation sur le mode de l'empirisme, s'appuyant sur des ressorts ajoutés afin que la catharsis s'opère dans une déstabilisation du spectateur, un brouillage calculé, minutieux de ses repères et conformismes. A cet effet, Keren Cytter, puisant à la source de ses influences - Visconti, Cassavetes, Polanski, Pasolini - s'attache à créer un langage visuel singulier. De jeux de répétition en boucles, de prises de vue musclées (caméra au poing) en collages, tous les moyens - y compris celui de l'utilisation de l'espace du Plateau - sont convoqués à la table du vertigo, pour une déconstruction contextualisée de la perception commune - Rendre nébuleuses les frontières entre réel et fiction pour un objectif avoué - que la confusion des sentiments naisse, gonfle, perturbe afin de toucher au plus profond du trauma des scénarios choisis.
 
Et si la machine émotive du visiteur est âprement sollicitée durant cette découverte de l'extrême, sa compréhension du propos n'en restera pas moins facilitée, stimulée par de nombreux indices, dont des dessins, des pistes qui jalonnent cette proposition d'un inconnu troublant.
 

Parmi les œuvres pour la première fois présentées à Paris :
Repulsion (2006), Der Spiegel (2007), Les Ruissellements du Diable (2008) Four Seasons (2009).


Le Plateau - FRAC IDF
Place Hannah Arendt, 19e
 
 




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