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"Sorties 8, 9, 10", ESAC de Bruxelles - Parc de la Villette
Cirque
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"La Belgique, c'est le bordel, c'est pour ça qu'on l'aime" chantent-ils en ouverture. Point de fil rouge tarabiscoté pour ce spectacle, proposé par quinze élus des promotions 2008, 2009 et 2010 de l'Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles. Une franche bonne humeur motivée par le prétexte de la fête nationale, une vague unité de costumes à la d'Artagnan avec en Mademoiselle Loyal une Marie-Antoinette glam-rock et quelques réminiscences de comédie musicale feront l'affaire pour ficeler cette série de numéros à valeur démonstrative. Rapidement, le message est clair : on est là pour s'amuser, frissonner et en prendre plein les mirettes.
La tension monte dès le départ avec un numéro de jonglerie, balle et corde, assez novateur et en tout cas impressionnant. Sur cette lancée, s'enchaîneront roues Cyr (cerceau géant), trapèze, bascule à six mains, duo de rola bola (cylindre et planche), fil, multicordes (en rideau), un diabolo qui n'a jamais si bien porté son nom et d'autres pitreries jonglées. La prise de risques est palpitante, le déroulement sans anicroches, oui si peu étant donné la jeune expérience des artistes. L'énergie, puissante et généreuse, reste intacte jusqu'à la fin du spectacle, où l'on quitte à regret cette troupe attachante. Mission accomplie, la Cour est divertie, enfants inclus. Deux bémols, pourtant, à cette prestation qui laissera sur sa faim le public averti... La musique, pour commencer à grosses louches plus ou moins complaisantes, piochant parmi les gros titres disco, un Bregovic tiré par les cheveux, de la musique de films en veux-tu en voilà, les "si frais" Pink Martini et passons-en. Ces choix de plastique bobo datent un peu, au service de l'intention vivante, mélancolique, tendre, émouvante, soit, mais n'apportant pas de réelle valeur ajoutée, si ce n'est le "Dans mon lit" d'Arno particulièrement bien associé au numéro de fil, coquelicot de papier en guise d'ombrelle. Et puis, quel que soit l'enjeu qu'on lui consacre, le manque de sens au spectacle limite malheureusement les interactions entre les circassiens, dont les prouesses semblent un peu trop juxtaposées. Dans ce domaine, le CNAC a une longueur d'avance, même si la proposition de l'ESAC est certainement plus fédératrice. Mise en piste : Olivier Antoine
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