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"Realpolitik" - Galerie Anne de Villepoix
Expos
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Bidouilleur enchanteur de la matière papier, inventif détourneur de fragments d'images, subversif dépoussiéreur de la bonne morale et de la tyrannie, adepte du loufoque jubilatoire, toutes ces expressions sont bienvenues pour brosser le portrait d'Ion Barladeanu, artiste roumain âgé d’une soixantaine d’années, contemporain d'Andy Warhol, ignoré jusque dans les années 2000. Suivant la règle d'un hasard qui n'en est pas vraiment un, cet esprit tourné vers la liberté et l'atypique, qui mangea de la vache enragée plus souvent qu’à son tour, doit sa mise en lumière grâce à un coup de coeur durable d'un jeune compatriote galeriste, Dan Popescu, qui, depuis sa découverte des collages de Barladeanu, n'a eu de cesse de le propulser sur le devant de la scène internationale du marché de l'art. De facto, ça marche du tonnerre. L’engouement est tellement palpable qu’Alexander Nanau, documentariste formé au Deutsche Film und Fernsehakademie de Berlin, vient de lui consacrer mi-2009 un film intitulé - The world of Ion B.
Le terrain d'investigation d'Ion mêle colle, ciseaux, images découpées dans divers journaux et magazines, pour l'émergence de mondes révoltés, hétéroclites, au regard très personnel, suivant un dénominateur commun : le cinéma. Car Ion, qui caressait secrètement l’espoir d'être réalisateur, est un passionné du grand écran et aime à peupler ses nombreux collages - il en réalisa près de mille - de gangsters, femmes fatales, pin-ups et anti-héros. Il aime aussi nous camper des situations incongrues où le design publicitaire des années 50, à l‘érotisme un peu tapageur, les images d’épinal tant en vogue au début du 20ième siècle, sont mis à contribution pour dénoncer dérives politiques, jeux du pouvoir, instrumentalisation et injustices sociales. Courageux dans un pays où le génie des Carpathes autoproclamé - j’ai nommé Ceaucescu - s’était assuré le contrôle maximum du peuple avec sa machine de surveillance à la performance diabolique et redoutable - la Securitate. Son style hybride puise tout azimut dans l’innovation provocante apportée par le dadaïsme, le surréalisme ainsi que le pop-art. Dans un traitement volontiers ironique et comique de l'image à lire comme une résistance formelle au statut de 'bon citoyen' qu'il refusa farouchement.
Suite à son succès grandissant auprès des collectionneurs - on garde à l’esprit le tabac indéniable qu’il fit lors de la vente 2009 du FIAC - la galerie Anne de Villepoix organise, à Paris, une première exposition de l’artiste, en collaboration avec la galerie H’Art de Bucarest et l’Institut Culturel Roumain.
Realpolitik, déjà présentée en Roumanie dans le cadre de l’évènement culturel européen, les nuits blanches, comporte une série de collages politiques réalisés de 1990 à 1996. Cet aperçu du potentiel artistique de Barladeanu se révèle, dans son décryptage rétrospectif, une critique implacable mais néanmoins caustique, une condamnation décapante, ludique et salvatrice des hommes politiques de l’époque ainsi que des limites du régime communiste.
Ajout sur l'exposition:
« L’Exposition Realpolitik présente une série de collages que Ion Bârladeanu a créés après 1989. Ces collages, réalisés entre 1990 et 1996, constituent une critique à la fois dure et comique à l’adresse des politiciens, des « people » et des VIP de toutes sortes qui se manifestent dans l’espace public roumain. Ceausescu y a une place à part, mais aussi les vedettes bien vivantes de la scène politique postcommuniste. » - Dan Popescu - vernissage jeudi 25 février - à partir de 18h.
INSTITUT CULTUREL ROUMAIN 1 rue de l'Exposition 75007 PARIS, FRANCE
Commentaires
De : Bucarest, ROU Pour le nom du bon Dieu, utilise pour un seul fois le mot "communisme"! Le pauvre Ion se moque jour et nuit de lui...le communisme! Laisse taquille le puavre mec. Il faut pas faire de lui le star de votre presse, afin de le jeter ensuite a la poubelle. Et n'oubliez pas: communisme = crime! Insérer un commentaire : |
