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"Photoquai 2011", Mwanzo Millinga - Quai Branly
Expos
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Mwanzo Millinga a deux passions : la photographie et la peinture. Depuis 1994, il décide de poser son regard sur le monde avec la première. Sa motivation est de «mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur» (1). Et le monde, il le vit en Tanzanie, pour le plus gros de son temps à Dar Es Salaam, ville côtière baignée par l’Océan Indien, où il enseigne la photographie au Flame Tree Media Trust. Des courants picturaux, il admire le cubisme. De la photographie, il garde en mémoire la méthode d’Henri Cartier-Bresson en quête de «l’instant décisif». Pour ce qui est de ses influences, Millinga cite le photojournaliste Sebastio Segaldo et son reportage sur les mineurs brésiliens de la Serra Pelada. Ce sont quelques clichés qu’il expose au quai Branly dans le cadre de la 3ième biennale des images du monde. Ils ont pour but de mettre en lumière la minorité albinos du continent africain, de sensibiliser le public à leurs conditions de vie et d‘en montrer la beauté. ![]() Pour rencontrer cette minorité, Millinga s’est rendu au centre de Kabanga, à Kasulu, dans la province de Kigoma. Le centre y accueille des albinos de tout âge en rupture familiale et sociale. Car la vie quotidienne d‘un albinos africain n‘est pas simple. Hormis le rejet parental malheureusement fréquent, s’insérer dans le tissu social relève de l’héroïsme. Par-delà les lourdes conséquences de cette maladie génétique rare, il doit aussi faire face à une insécurité permanente. Avec, parfois, en bout de course, l’assassinat. La principale cause de ces massacres réside dans une discrimination raciale à la source de superstitions, de croyances qui leur prêtent des pouvoirs surnaturels. «Dans la région des Grands Lacs, frontalière avec le Burundi, des charlatans vendent aux mineurs et aux pêcheurs amulettes et potions confectionnées à partir de morceaux de peau, de cheveux ou d’organes d’albinos, promesses de bon filon et de pêche miraculeuse», explique Millinga. «Pour se procurer la matière nécessaire à leur épouvantable commerce, les sorciers payent des tueurs qui traquent les albinos à travers tout le pays. 57 personnes atteintes d’albinisme auraient été assassinées ces dernières années en Tanzanie». Si les crimes sorciers sont connus depuis 2007, le scandale éclate en 2008 via une enquête réalisée par la journaliste tanzanienne, Vicky Ntetema. Co-produit par Cité Amérique et Under the same sun, le documentaire «Blanc et Noir : crimes de couleur» évoque des persécutions vécues par quelques-uns de ces albinos. La plupart des massacres se déroulent en général hors zone urbaine, dans des régions reculées (Mwanza, Shinyanga, Mara). Si la Tanzanie reste le pays d’Afrique de l’Est le plus touché par ces pratiques, d’autres, comme le Burundi, y sont également confrontés. Le retentissement de l’enquête de Vicky Ntetema, les actions conjuguées des associations, des ONG et de certains efforts gouvernementaux ont permis d’attirer l’attention des photographes. On peut au passage relever la série de Frank Vogel, Massacres en Tanzanie, présentée au Visa pour l’image 2009, et celle de Claire Gillet proposée à Lyon en Janvier dernier. ![]() En ce qui concerne le travail de Millinga, quelques points peuvent être sujets à discussion. Le parti-pris du cadre, car il pourrait être perçu comme une volonté de sur/mettre en scène les personnages. Millinga précise bien que ses sujets «pouvaient les manipuler à leur guise» mais l’intention symbolique peut éventuellement avoir pour conséquence d’alourdir un propos dont la force est déjà inhérente au sujet. Elle peut aussi être interprétée - et c'est mon optique - comme un trait de distanciation, de fierté et d'humour, le tout nimbé de tendresse de la part de l'oeil photographique. A chacun donc de juger selon sa sensibilité. Il n’empêche, en conclusion et en substance, que ses clichés, portés par une belle lumière naturelle et des plans soignés, méritent assurément d'être contemplés et cela dans l'attente de nouveaux reportages. (1), dixit Cartier-Bresson.
(2), idem.
Commentaires
De : biennale de Lyon dissidente BAC OUT 2012 BAC OUT biennale dissidente 2012 "une terrible indignation est née" artistes plasticiens indignés contre la biennale d'art contemporain officielle de Lyon. la BAC OUT est née à Lyon à la Croix Rousse en 1993 et n'a plus de lieu pour exposer alors qu'elle fut un immense succès avec ses jardins éphémères (plusieurs dizaines de milliers de visiteurs et sans un centime de subvention). « Ai Weiwei a rappelé au monde de l’art son important rôle politique, comme facteur de protestation, hors du domaine parfois fermé sur lui-même des galeries et des musées. (…) Son activisme a rappelé comment l’art peut atteindre une plus large audience et se connecter au monde réel ». Un activisme artistique et politique condamné par les dirigeants de la biennale officielle de Lyon et par les institutions d’art contemporain en France, musées d’art contemporain, Frac, Drac, etc. Une censure française scandaleuse qui blackliste systématiquement les artistes vivant en France interdit d’exposition publiques et d'aide publique. 7 millions d'euros de budget dont 600.000€ uniquement pour sa com et sa propagande pour une biennale de Lyon vorace et prédatrice alors que les artistes plasticiens en France n'ont plus d'atelier, plus de lieu d'exposition, et font face à l'exclusion sociale et artistique, la pauvreté et la précarité. Voir le blog de la biennale dissidente de Lyon, BAC OUT lien : http://biennaleartcontemporain.over-blog.com/ / artiste français Lili-oto qui fut le premier en France a appelé à signer en France la pétition pour libérer Weiwei emprisonné (appel lu par plusieurs milliers de lecteurs) Insérer un commentaire : |
