Iles Galapagos - Equateur - inscrites au patrimoine naturel de l'humanité depuis 1978. Pour une grande majorité de terriens, la réalité de cet archipel reste bien opaque, hormis celle que nous saisissons d'emblée à travers la beauté à couper le souffle des paysages, la luxuriance, l'aridité, la rareté et unicité de la flore, de la faune. L' attraction que suscite instinctivement les visions démultipliées des paradis primitifs. L'exposition que nous propose Elena Ciccozzi, photographe italienne, dans le cadre d'un projet de coopération internationale pour les Nations-Unies, vise justement à dépoussiérer les poncifs éculés qui perdurent sur ces microcosmes lointains, pour nous en faire découvrir, via un reportage artistique didactique à souhait, les faces inédites, complexes et nuancées, à la lumière d'un angle social et économique. Faces actuelles d'un monde ignoré où les hommes, confrontés à la modernité et à ses manifestations, interagissent pour des réponses plurielles avec leur environnement, le modifiant, le sculptant, l'adaptant à leurs besoins - Dans ce contexte singulier, dont le moteur essentiel - très communicatif s'il en est - est l'histoire de coeur entre un être et une terre, Elena s'est spontanément attachée à réfléchir son regard, à penser le traitement de sa photographie, loin des ornières fatales du cliché - carte postale - Dans ce souci de l'effet juste, elle opte délibéremment pour le noir et blanc qu'elle travaille minutieusement à l'ombre d'un de ses maîtres - Cartier-Bresson.
Sa démarche - contribution modeste selon elle - prend d'autant plus de poids au regard de la mise en péril écologique de ce petit coin de paradis. Et ... si cet avant-goût ne suffisait pas à orienter vos pas vers la maison de l'Amérique latine, deux balises ci-dessous :
Extrait de 'Diarios galapagueños' d'Elena Ciccozzi :
"Mon ami Edison m’a dit que je devrais quitter les îles pour quelque temps¼sinon je risquais de perdre bientôt la tête. Et cela, alors que je lui faisais le commentaire suivant :”il faut admettre que la lumière des Galapagos est unique, elle est “endémique” à l’instar des cormorans aptères ou des iguanes marins. “Endemismo de pura luz”. Ici la lumière se répand en de multiples transparences, elle est plus liquide, corporelle, je peux la toucher. Joie et défi de photographier, mais il faut savoir la saisir ou se faire surprendre. Trop simple de remarquer que la lumière ici est magique. La lumière des îles caresse les visages dorés des gens, des personnages de l’archipel¼ mes voisins pêcheurs, les jeunes “pepineros” sur le quai ; cette lumière légère et douce qui, ici, frôle le regard écarquillé et curieux des otaries, hébergeant encore le reflet austère d’une histoire épique et sombre, et là, se brise sur les vestiges du domaine de Manuel Cobos. La lumière, reine et déesse des Iles Galapagos, donde la luz es reina."
Détails explicatifs :
Certaines photos rendent compte d’événements de l’histoire récente des Galapagos et de l’Equateur, comme les élections politiques de 2006, le processus de la mise en marche du parc d’énergie éolienne à San Cristóbal (unique en Equateur). D’autres sont devenues des témoins historiques, les lieux qui apparaissent ayant changé de façon significative avec le passage du temps. On notera également les sites à caractère historique dans l’archipel, comme les vestiges de l’hacienda créée au 19e siècle par Manuel J. Cobos, sur l’île de San Cristóbal, ou une galerie de personnages emblématiques : un jeune pêcheur de concombre de mer à San Cristóbal, une femme de Isabela créant des cartes postales artistiques à partir de papier recyclé, éléments associés de façon inéluctable au passé et au futur des îles.
La Maison de l'Amérique latine
217, Boulevard Saint-Germain
75007 PARIS
La Galerie d'exposition est ouverte du lundi au vendredi, de 11h à 19h, l'accès est libre.
* A noter que l’exposition - itinérante - s’inscrit dans les initiatives organisées à l’occasion de l’anniversaire des 200 ans de la naissance de Charles Darwin et des 150 ans de la publication de “On the origins of the species”, inspiré en partie par son séjour aux Iles Galapagos en 1835.'