L'humour scandinave n'a jamais si bien su nous épater, nous surprendre que dans des univers - pubs, films etc... - absolument irrésistibles, jouant tout à la fois sur les décalages, les situations absurdes bourrées de non-sens, que les excentricités pince-sans-rire.
C'est donc un plaisir vraiment non contenu que de braquer le projecteur sur l'exposition 'Le temps du corps...', proposée par l'Institut suédois de Paris, jusqu'au 18 avril inclus. Ensemble de créations vidéographiques, issues d'un collectif de plasticiens dont les oeuvres sont distribuées par Filmform, cette exposition a été chapotée par le fondateur de l'association Transat Vidéo, Brent Klimkum, qui officie depuis quelques années déjà dans l'hexagone. Le coeur du sujet en est le corps, mis en situation dans des actions singulières où gens, objets et situations s' entrechoquent dans des rapports improbables et impossibles d'où émerge - et de façon pas toujours immédiate - le rire. Selon des méthodes très suédoises. Vivifiantes dans la soi-disant légèreté feinte où le décalage n'est tant là que pour dégager des émotions sur l'essentiel. Pour stimuler le spectateur, sont mis à contribution musique, sons, autour de jeux, frottements, frôlements, télescopages et expressions corporelles.
L'incongruité des situations peut - au premier abord - dérouter - c'est même l'enjeu-même des artistes Johanna Billing, Annika Eriksson, Maria Friberg, Andreas Gavell-Mohlin, Andreas Gedin et Lars Siltberg que de bouleverser les codes acquis afin de mieux nous amener à réfléchir sur la palette signifiante des contradictions, oppositions et contrastes des perceptions humaines. Exorcisant - peut-être - surtout fichtrement thérapeutique.
Et comme un plaisir ne vient jamais seul, le café suédois en rajoute une couche avec une seconde exposition sur le même thème, dans sa variante gastronomique. Parmi les œuvres projetées, vous retrouverez Anna Linder et son Cum Pane - exploration poétique et suggestive du processus de fabrication du tunnbröd, pain plat traditionnel suédois. Elisabet Gustafsson et Let Us Dance, composition de rushs de Super-8 d'anciennes danses folkloriques filmées lors de fêtes populaires entre 1958 et 1965 à Stockholm par un photographe amateur Åke Franzon. Enfin, Gunnel Pettersson etNär språket mettant en scène deux femmes de continents différents ne parlant pas la même langue et qui cuisinent l'une pour l'autre leur recette préférée, pour briser la glace.
En résumé, l'hédonisme à la suédoise sous toutes ses formes.
Vernissage le 18 février dès 18h30
11, rue Payenne
75003 Paris
Tel. + 33 1 44 78 80 20