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 "L’âme des mots", Jaume Plensa - Musée Picasso, Antibes (jusqu’au 17 octobre)

 Doisneau, Bernard-Reymond, Adams - Musée Nicéphore Niepce, Châlon-sur-Saône (jusqu'au 19 septembre)

 "Sorties 8, 9, 10", ESAC de Bruxelles - Parc de la Villette

 "Travels in the Mediterranean" de Cai Guo-Qiang - MAMAC (jusqu’au 9 janvier 2011)

 "Propaganda", Cie Acrobat - Théâtre de la Cité Internationale

 "Déambulations aixoises", Igor Mitoraj - Aix-en-Provence, Abbaye de Salicave (jusqu’au 10 septembre)

 "Fabulations", Pilar Albarracin - Centre d’art le Lait (jusqu’au 31 octobre)

 "En vie", m.e.s. de Sébastien Derrey – L’Echangeur

 "Kawa", Masao Yamamoto - Galerie Camera Obscura

 "Combat de nègre et de chiens", m.e.s. Michael Thalheimer - Théâtre de la Colline

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 "Voyageurs immobiles" de Philippe Genty - Théâtre du Rond-Point

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"Fabulations", Pilar Albarracin - Centre d’art le Lait (jusqu’au 31 octobre)

Expos
Posté par Elysia le 2010-06-16



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L'été se profile à l'horizon. Et comme souvent il rime avec itinéraires, étapes et visites, une proposition d’exposition en province s‘imposait donc. Destination : quart Sud-Ouest du camembert hexagonal. En avant-toute sur Albi.
 
  
- Pilar Albarracín, Baja, 2010.
Courtesy, Le Lait, Albi, © Pilar Albarracín.
 
 
 
Pilar Albarracin, artiste et plasticienne espagnole, lauréate du prix Altadis 2002-2003, a empoigné la matière culturelle de son pays avec autant de fougue et d’aplomb qu‘une farandole tirée d‘un opéra de Bizet. Impitoyable observatrice des us et coutumes de la péninsule ibérique, la voilà qui sans peur et sans reproche s’obstine depuis une dizaine d’années à battre le fer et à modeler la glaise de son argumentaire artistique. On peut en particulier souligner son corrosif Mortal Cadencia présenté à la Maison Rouge à Paris, en 2008. Albarracin use de deux procédés, de deux armes formelles à l’efficacité bien éprouvée pour atteindre son but : la parodie et la satire.
Dans son colimateur efficace comme une horloge suisse, elle met en joue la société contemporaine espagnole (pour être vraiment précise, la société andalouse) qu‘elle décanille variablement à l’acide chlorydrique ou à l‘eau de javel. Pilar dépoussière les poncifs au Pliz déconservateur, malmène les traditions avec une ironie salvatrice, dégomme les lieux communs reproduits sur des cartes postales au goût hautement criard. Quand elle ne ridiculise pas les toreros et autres illustrations récurrentes du folklore national. Son humour décapant ressemble à s’y méprendre à la craie crissant sur un tableau noir. Comme objet privilégié de ses variations irrévérencieuses, elle a opté pour ce qui se fait de plus ambivalent dans la culture latine : l’obscur objet du désir, la femme.
Autre point de mire des attaques ourdies par la féroce sévillane, les codes et rapports sociaux. Qu’elle s’applique à décortiquer minutieusement sans complaisance ni ménagement. Hiérarchie, relations de subordination, tensions de genre et crispation identitaire, rapport entre homme et pouvoir, tout passe à la moulinette de son esprit aiguisé.
 
C’est justement selon ce second axe de travail qu'a germé Fabulations, visible au centre d’art le Lait. Au travers de supports multiples : installations, vidéos, sculptures, l’artiste contextualise son propos dans une interrelation étroite avec l’espace résidentiel, en l’occurrence les moulins albigeois. Ce site patrimonial unique en son genre concourt à renforcer la portée inédite du projet. Comme le titre le laisse présager, Esope et son bestiaire sont convoqués à la table de l’inspiration d’Albarracin afin de démonter le jeu des apparences par le recours à la fable. Pourtant, ici, point de fidélité à la norme courante. Le modèle littéraire est passablement détourné de sa finalité moralisatrice au profit de l‘estocade critique. Nourrissant son discours narratif au lait de l’anthropomorphisme animal - contrefort de l’imaginaire collectif - Pilar nous présente des saynètes singulières illustrant un duo inséparable : essence/apparence.
Elle s’appuie, entre autres choix de représentations animalières, sur la figure réprouvée de l’âne. Injuste symbole d’ignorance, de bêtise. Cible de quolibets et d'humiliations. Le message final délivré par l’artiste est, en touches nuancées dispatchées ici et là, de nous alerter sur les dangers d’une culture élitiste, fermée, jalouse de ses prérogatives et de ses intérêts privés.
 
Exposition poilante soutenue par le Seacex, elle est enfin l’occasion de glisser un hommage aux caprices de Goya, connu pour ses piques acérées contre la société espagnole du XVIII.
 
 


 
Centre d’art le LAIT
Les Moulins Albigeois
41 rue Porta
81000 Albi
Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 19h.
 
 
 




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