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“Rétrospective Mimmo Jodice 1960-2010” - Maison européenne de la photographie
Expos
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Mimmo Jodice, né en 1934 et lauréat du prix Feltrinelli 2003, est un photographe contemporain des plus intéressants. Originaire du Sud de l'Italie, cet oeil avant-gardiste, admirateur de Bill Brandt, a contribué au cours des cinquante dernières années, à la naissance et la reconnaissance de la photographie italienne sur le plan international. Son art, initié dans les années soixante, s'est spontanément articulé autour d'une thématique - la Méditerranée - trouvant des points d'ancrage dans sa ville natale - Naples. Il en a d'ailleurs immortalisé les réalités plurielles dans "Vedute di Napoli" [1980]. Envisagée sous des aspects historiques, sociaux, architecturaux, la photographie de Mimmo Jodice interroge la capitale de la Campanie dans l'évolution, la transformation et les changements de ses espaces urbains. Fait de rigueur et d'originalité, son langage expressif, orchestré sur noir et blanc pour effet durable, est facilement reconnaissable. Alliant une portée métaphysique à un traitement onirique de l'image, il se dégage d'emblée de ses clichés une impression énigmatique, source d'interrogations et de fantasmes. On peut à ce titre citer les natures mortes d' Eden [1994-1997]. ![]() - crédits photo - Mimmo Jodice - Isolaria Mediterraneo - Napoli - 2000. Dans ce livre, tout comme dans ses autres albums, Jodice se fait lecteur particulier du patrimoine de la péninsule italique. Dans ses motivations artistiques, il s'appuie sur les contreforts respectueux et respectés de l'héritage culturel dans une recherche d'interprétation et de décryptage personnel du présent. Comme chez Pasolini, l'assimilation des modèles, la prise en compte de l'histoire et des courants artistiques vise, par-delà l'hommage, à un dépassement, à un renouvellement, à une modernisation, à une appropriation de cette même matière culturelle, un peu écrasante. Les aires urbaines, notamment, portent le spectateur à se fondre dans les témoins de la civilisation, suivant l'archétype du voyageur errant, parent de la Gradiva de Wilhelm Jensen. Dans son style, les constructions sont saisies dans un contexte environnemental singulier, volontairement déserté et souvent désertique. Intellectualisé. Théâtralisé. Parfois ruines, parfois baroques, le viseur immortalise par le regard subjectif ces vaisseaux-fantômes, ces surfaces, ces points d'interrogation, ces points de vie. Dégagement d'un sentiment universel sur la condition humaine par le truchement de visions locales, dans la cohabitation du profane et du sacré, du quotidien et de l'imprévu, du vivant et du figé, du prosaïque et du sublime, du réel et de l'illusoire. Qu'il soit dans la visite dépoussiérée des mythes, éloge de la nature ou portraits sociaux, Jodice est un touche-à-tout brillant. Sa technique, appuyée sur une gestion experte de la lumière, aspire à dépasser les codes photographiques dans la conquête de mondes picturaux. Clin d'oeil aux futuristes, hommage à la peinture métaphysique [De Chirico] , il aime à jouer des volumes pour générer des univers minimalistes et austères où les lignes de fuite, ruptures et perspectives invitent à des appréciations "psychotoniques", creusets au premier abord hermétiques mais non phagocytés par leur valeur esthétique. Dans ces écheveaux, le visiteur est incité, par des mises en abyme répétées, à l'introspection comme il est aussi amené à découvrir les manifestations pluridimensionnelles de l'âme napolitaine. Ce désir de transcendance s'exprime enfin dans la mystique des photos qui concourent à faire ressortir la puissance du silence par le dialogue invisible entre les espaces : entre ciel et terre, ciel et mer. "Per me la fotografia è lo spazio che può contenere e trasmettere emozioni e narrazioni, sia pure in una sola immagine, con l'intento di coinvolgere e far riflettere". [ "Pour moi la photographie est l'espace qui peut contenir et transmettre des émotions et des histoires, et cela seulement dans une seule image, dans l'intention de faire participer et réfléchir"]. A partir de 150 tirages d’époque, le parcours de l’exposition proposée par la Maison européenne de la photographie s’organise autour des thématiques suivantes : Expérimentations et recherches (1964-1978), Social (1969-1977), Naples (1978-1980), Relecture (1980-2009), Méditerranée (1986-2009), Eden (1994-2009), Nature (1995-2009) et enfin Mer (1998-2009). L'institut culturel italien accompagne de ses voeux cette première grande rétrospective par une exposition visible jusqu'au 21 Mai prochain. Elle est intitulée - "Mimmo Jodice, Naples, intime". Maison européenne de la photographie. 5-7, rue de Fourcy 75004 Paris.
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